La mise en service par les autorités espagnoles du système de contrôle biométrique dit des “frontières intelligentes” provoque depuis plusieurs jours des embouteillages continus au poste-frontière de Sebta, en direction de Fnideq, avec de longues files d’attente et des retards significatifs dans le rythme de passage.
Ce ralentissement résulte des nouvelles procédures déployées dans le cadre du Système européen d’entrée/sortie (EES), qui impose à tous les voyageurs non européens l’enregistrement de données biométriques, comprenant la capture du visage et des empreintes digitales, avant toute autorisation de quitter le territoire.
Le nouveau système est appliqué sans distinction aux piétons et aux conducteurs de véhicules, ce qui a causé un engorgement quotidien au niveau du point de passage frontalier.
Selon des observations sur le terrain, le temps d’attente dépasse dans plusieurs cas quatre heures, en l’absence d’organisation sur place ou de circuits dédiés pour atténuer la pression générée par ce changement technique. Une baisse du rythme de traitement des sorties a par ailleurs été constatée, en particulier durant les week-ends.
Application progressive
Madrid avait lancé ce mécanisme à la mi-octobre à partir de Melilla, avant de l’étendre progressivement à Sebta.
Cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre du programme européen EES, un système automatisé d’enregistrement des voyageurs non résidents de l’Union européenne pour les courts séjours, officiellement opérationnel depuis le 12 octobre 2025.
Le projet est supervisé par l’agence européenne eu-LISA, avec un déploiement complet prévu dans l’ensemble des points de passage extérieurs de l’espace Schengen d’ici au 10 avril 2026. Cette modernisation des contrôles frontaliers intervient sans communication sur un protocole conjoint avec la partie marocaine.
Le ralentissement causé par ces nouvelles procédures soulève de vrais défis pour les usagers habituels, notamment ceux entretenant des liens familiaux ou professionnels dans la région.

