État du Conseil Municipal de Tanger : Un recul inquiétant de l’engagement politique
Malgré une unanimité apparente lors des votes concernant les points de l’ordre du jour au sein de la commune de Tanger, les signes d’un « retrait politique » se multiplient. Ce phénomène se manifeste par une qualité institutionnelle déclinante, un consensus silencieux sur l’absence d’initiatives et un vide en matière d’engagement politique, ce qui rapproche l’institution élue d’une simple « chambre de validation administrative » plutôt que d’un véritable espace de représentation politique.
Depuis l’élection du conseil en septembre 2021, le fonctionnement s’est déroulé dans des cadres légaux définis, conformément aux dispositions de la loi organique n° 113.14. Toutefois, malgré l’exercice de compétences en matière d’urbanisme, de gestion des infrastructures et de développement local, aucune dynamique réelle n’en a découlé, en raison d’une absence de vitalité politique interne et d’un recul des fonctions représentatives à un niveau minimal.
De nombreux élus, qu’ils soient membres de la majorité ou de l’opposition, se sont transformés en « entités silencieuses », présents uniquement lors des votes et absents dans tous les autres aspects de leur rôle. Aucune demande, aucun suivi des programmes, aucune contribution aux commissions, ni même participation au débat public sur les enjeux de la ville. Ce comportement témoigne non seulement d’un manque de compétence, mais également d’un retrait volontaire de la fonction politique.
Les observateurs locaux s’accordent à dire que la commune de Tanger souffre d’un manque de voix politique collective, à l’exception de celles émanant de la présidence, du bureau ou de l’administration territoriale. Les initiatives provenant de l’intérieur même de l’institution élue font défaut, et les mécanismes de discussion et de réflexion commune montrent des signes d’enlisement. Cela donne lieu à un « accord formel » qui ne se traduit pas par un consensus sur les visions, mais par un abandon collectif de la responsabilité.
La situation est aggravée par l’intervention répétée de certains conseillers dans des domaines qui ne relèvent pas de leurs compétences, tels que les autorisations, les plaintes et les affaires administratives, ce qui perturbe le fonctionnement global de l’appareil exécutif et entraîne une confusion opérationnelle dangereuse, illustrée par un manque de conscience du rôle de l’élu et une confusion manifeste entre les prérogatives consultatives et exécutives.
Les partis politiques, quant à eux, sont absents du terrain, n’accompagnent pas, ne forment pas et ne supervisent pas les performances de leurs représentants. Cette situation de relâchement est devenue une règle tacite au sein du conseil, régissant les relations entre les parties dans un cadre de silence partagé marqué par le principe « laissons chaque partie agir comme bon lui semble tant qu’elle ne gêne pas les autres ».
En conclusion, le conseil municipal est actuellement géré avec un effort minimal et un niveau élevé de soumission au silence, ce qui compromet son caractère représentatif et soulève des questions sur la pertinence de maintenir cette forme hybride de travail collectif, qui ne produit ni politiques, ni perspectives, et ne laisse de la démocratie participative que son nom.

