Le barrage El kharroub, situé dans la province de Larache, enregistre un taux de remplissage de 100 % pour la première fois depuis sa mise en service à la fin de l’année 2020. Le volume des retenues s’établit à 188,7 millions de mètres cubes. Selon les données communiquées ce mercredi par l’Agence du bassin hydraulique du Loukkos, ce niveau de remplissage résulte des précipitations enregistrées dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima au cours du premier trimestre de l’année en cours.
Cette infrastructure hydraulique, dont le coût de réalisation s’élève à 1,6 milliard de dirhams, mobilise 40 millions de mètres cubes par an. Elle approvisionne en eau potable et industrielle le système Tanger-Assilah. Le remplissage du barrage El Kharroub porte la capacité totale des ouvrages alimentant ce système à 536 millions de mètres cubes. Cette situation permet de réduire la pression hydrique sur les barrages d’Ibn Battouta, du 9 Avril et de Tanger Med. Elle limite également l’exploitation de la nappe phréatique de Charf El Akab.
Les travaux de construction de l’ouvrage ont débuté en avril 2014, dans le cadre d’un financement maroco-émirati. L’infrastructure se compose d’une digue en terre de 900 mètres de longueur et de 56 mètres de hauteur. L’État a équipé le barrage de stations de traitement et de pompage pour le raccorder aux réseaux de distribution gérés par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Outre l’alimentation en eau potable, l’ouvrage assure la protection des agglomérations du bassin du bas Loukkos contre les inondations et fournit les eaux d’irrigation aux périmètres agricoles limitrophes.
Le projet intègre un programme d’aménagement du bassin versant d’un coût de 22,4 millions de dirhams. Ce programme comprend le boisement de 8 000 hectares pour prévenir l’érosion des sols et l’aménagement de pistes rurales permettant le désenclavement de 28 villages.
Les récents apports pluviométriques portent le volume global des réserves des barrages relevant du bassin du Loukkos à 897 millions de mètres cubes, équivalant à un taux de remplissage supérieur à 46 %. Ce volume garantit la couverture des besoins en eau de 1,7 million d’habitants de la région jusqu’en 2030. Ces données s’inscrivent dans un contexte hydrique national structurellement déficitaire. Les autorités maintiennent l’application des programmes d’urgence relatifs à la rationalisation de la consommation d’eau et poursuivent l’accélération des projets de dessalement de l’eau de mer et d’interconnexion des bassins hydrauliques.

