Les déclarations de Wafaa Chaker, directrice de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, lors de son passage dans une émission sur la chaîne Medi 1 TV, ont suscité un large débat au sein des milieux éducatifs. Elle a affirmé qu’un élève des établissements d’excellence équivaut à quatre-vingts élèves d’une institution non incluse dans ce programme.
Des acteurs de l’éducation ont qualifié cette déclaration de choc, soulignant qu’elle révèle un profond manque d’égalité des chances dans le système éducatif national. Ils ont noté que cette affirmation n’est soutenue par aucune étude ou indicateur scientifique vérifiable, alors que les comparaisons éducatives s’appuient habituellement sur des critères précis, tels que les taux de réussite, les tests de compétence ou les rapports internationaux.
Ces professionnels ont critiqué ce qu’ils appellent un discours de propagande, s’éloignant de l’esprit d’évaluation scientifique. Ils estiment que l’idée qu’un élève puisse valoir des dizaines d’autres soulève des questions de méthodologie et de crédibilité.
Ils ont également souligné que cette position va à l’encontre des principes du constitutionnels marocains, qui garantissent le droit à une éducation de qualité accessible sur la base de l’égalité entre tous les citoyens. Cela soulève des interrogations sur les distinctions faites entre certaines institutions, qui vont à l’encontre du principe d’équité.
Certains observateurs se sont demandé si ce discours témoigne d’un échec implicite des politiques éducatives à réduire les inégalités entre les établissements, semblant ainsi renforcer le fossé plutôt que de chercher à le combler.
Ils ont signalé que, en tant que responsable publique, la directrice de l’académie devrait adopter un discours qui promeut l’égalité et reflète l’engagement national à garantir le même niveau d’éducation pour tous les élèves, plutôt que d’ouvrir la porte à des classifications pouvant renforcer l’exclusion.
Les réactions au sein de la communauté éducative n’ont pas tardé. Des enseignants et des syndicats ont appelé à un éclaircissement officiel de la part du ministère concerné et ont demandé l’ouverture d’un débat sérieux sur les origines et les conséquences de ces déclarations sur l’image de l’école publique. Ils ont insisté sur le fait que la confiance dans l’éducation nationale nécessite une cohérence totale entre le discours officiel et la pratique effective, loin de tout message pouvant être interprété comme une discrimination entre les apprenants.
Source

