Avec le début de la rentrée scolaire, les bords des marchés et les trottoirs des quartiers populaires se remplissent d’une activité exceptionnelle, mettant en lumière le commerce des manuels scolaires d’occasion. Cette pratique, à caractère économique et social, devient pour certains une source de revenus saisonnière, tandis qu’elle constitue pour de nombreuses familles une solution pour alléger le coût des fournitures scolaires.
Des livres d’occasion, de tous niveaux, sont exposés à la vente sur des tables modestes, dans des caisses, ou même directement sur le sol, attirant un grand nombre de parents issus de diverses classes sociales, y compris la classe moyenne, qui cherchent des solutions économiques face à la montée des prix.
« Il y a un fort engouement pour l’achat de livres d’occasion cette année, surtout après la célébration de la naissance du Prophète et le retour de nombreuses familles de voyage, » indique Khadija, qui vend des manuels scolaires d’occasion à Salé depuis quatorze ans. Elle propose des ouvrages pour tous les niveaux scolaires, à des prix abordables, qui représentent généralement la moitié du coût d’un livre neuf, voire moins selon le type de livre.
L’échange de livres de l’année précédente contre ceux de l’année en cours, avec un paiement d’un faible montant supplémentaire ou sans coût additionnel, est l’une des solutions innovantes mises en œuvre par certaines familles pour réduire leurs dépenses scolaires. Ce système de troc transforme la table de vente en un maillon utile et soutenant pour l’économie familiale, marqué par un esprit de solidarité.
Concernant ses préparatifs pour la rentrée, cette vendeuse de cinquante ans, passionnée de lecture bien qu’elle ait atteint seulement le cinquième niveau du primaire, souligne qu’elle commence tôt à rassembler les livres scolaires d’occasion approuvés par les écoles publiques et privées des villes de Rabat, Salé et Temara. Elle se rend parfois hors de sa ville pour acquérir des titres recherchés, en réponse à ses clients fidèles chaque début d’année scolaire.
Interrogée sur les défis de son activité saisonnière, Khadija déclare à l’Agence Maghreb Arabe Press que l’introduction de nouveaux manuels peut compromettre ses efforts et peser lourdement sur les familles à faibles revenus. Elle ajoute que « cette activité est très éprouvante, en raison de la pression exercée durant la période de pointe de la rentrée, qui nécessite une surveillance constante et des efforts pour prévenir le vol des livres exposés, en plus de la gestion des appels des clients cherchant des ouvrages spécifiques. »
De son côté, Radia, employée et mère de quatre enfants scolarisés dans des établissements privés, indique qu’elle a adopté ces dernières années l’achat de manuels scolaires d’occasion, notamment pour les niveaux collégial et secondaire, en raison de la hausse des prix.
L’intérêt se concentre principalement sur les manuels des niveaux collégial et secondaire, en particulier les livres de cours, d’exercices et de solutions, car ils se réutilisent d’année en année. En revanche, les ouvrages pour le niveau primaire sont surtout constitués de livres d’activités personnalisables, rendant leur réutilisation difficile et incitant ainsi de nombreux parents à acheter des copies neuves.
Ainsi, le commerce des manuels scolaires d’occasion se révèle être un mécanisme économique populaire répondant à des besoins sociaux pressants, impliquant aussi bien les jeunes que les adultes, qui cherchent à générer des revenus pour subvenir à leurs besoins essentiels et alléger la charge financière des familles marocaines.
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