Les autorités locales de Tanger ont récemment officialisé un décret qui fixe le tarif minimum des courses en taxi petit dans la ville à sept dirhams, mettant ainsi un terme à plusieurs semaines de confusion professionnelle et de débat social, alors qu’aucune annonce claire n’avait été faite depuis la signature du décret à la fin juin dernier.
Le décret gouvernemental n° 744, daté du 30 juin 2025, émis par la préfecture de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, n’a été rendu public que dans les derniers jours de septembre, près de trois mois après sa signature, ce qui a intensifié l’incertitude sur la légalité de cette nouvelle tarification.
Selon ce décret, le tarif de départ du compteur au sein de l’agglomération urbaine est désormais fixé à sept dirhams, contre cinq dirhams qui étaient en vigueur depuis des années, tout en maintenant les autres éléments tarifaires sans modification, conformément aux dispositions du décret gouvernemental n° 259 du 29 mai 2006, qui continue de régir le prix du kilomètre et les tarifs de nuit.
Le décret a été diffusé par le département des affaires économiques et de coordination de la préfecture, et des affiches ont été placées dans certaines gares pour assurer l’application uniforme de la mesure par les professionnels, qui avaient observé des disparités tarifaires entre les chauffeurs de taxi dans un contexte où aucune documentation officielle ne régissait l’opération.
Tanger avait connu, en juin, une période de désorganisation dans le secteur, où certains groupes professionnels avaient fait circuler une documentation non officielle mentionnant le tarif de sept dirhams, alors que des associations de consommateurs avaient précédemment démenti l’existence d’une telle décision, considérant qu’adopter une tarification en dehors des voies légales violait le principe de transparence et perturbait les relations entre professionnels et usagers.
Bien que le décret soit de nature réglementaire, il met en lumière les limites d’une approche fragmentée dans la réforme des tarifs de transport urbain, puisque les éléments fondamentaux de la réglementation n’ont pas été revus depuis près de deux décennies, malgré les transformations survenues dans la structure de la ville et les coûts d’exploitation, tels que le prix des carburants, les coûts d’entretien et l’extension urbaine qui a augmenté la moyenne des distances quotidiennes parcourues.
A ce jour, aucune déclaration officielle n’a été enregistrée de la part des syndicats professionnels, et aucune consultation publique n’a été ouverte concernant une mise à jour du cadre général de gestion des prix ou une révision du système d’équilibre entre les revenus des professionnels et le pouvoir d’achat des citoyens.
Des observateurs estiment que la publication tardive du décret révèle un fossé dans les canaux de communication entre l’administration publique et les acteurs du secteur, et souligne la nécessité d’une approche plus globale dans le traitement des problématiques de transport urbain, reposant sur la clarté des décisions, la mise à jour des modalités tarifaires et leur association avec les données économiques de terrain, plutôt que de se limiter à des ajustements ponctuels sur des dispositions spécifiques.
Source

