La situation au sein de la société Arma, chargée de la gestion du secteur de la propreté dans les arrondissements de Bni Makada et Moghogha à Tanger, semble avoir atteint un point de blocage total, après une série d’échanges infructueux entre le bureau syndical et la direction de l’entreprise.
Dans un communiqué officiel, le bureau syndical relevant de l’Union marocaine du travail (UMT) a annoncé l’organisation de deux sit-in successifs durant la troisième semaine d’octobre : le premier devant le palais municipal le lundi 20 octobre, et le second devant le siège de la direction de l’entreprise le jeudi 23 octobre.
Cette mobilisation syndicale intervient après des mois de dialogue sans issue, en réaction à la stagnation du dossier de l’augmentation de 5 % du salaire de base tous les trois ans , une revendication que le syndicat considère comme un droit acquis ne devant plus être remise en question.
Le communiqué souligne que le bureau syndical a tout tenté pour relancer le dialogue social, allant des réunions officielles à l’Inspection du travail jusqu’à une rencontre directe avec le maire de la ville, sans qu’aucune de ces démarches ne permette d’aboutir à une issue satisfaisante.
Face à ce qu’il considère comme un manque de volonté réelle de la part de la direction, le syndicat a décidé de reprendre la mobilisation. Il rappelle aussi que l’article 19 du Code du travail garantit aux employés la conservation de leurs acquis.
Le plus inquiétant est que cette crise touche l’un des secteurs les plus sensibles de la ville : la collecte des déchets dans les quartiers populaires de Bni Makada et Moghogha. Toute perturbation du service risquerait d’avoir des répercussions immédiates sur la vie quotidienne des habitants.
Malgré la gravité de la situation, la commune de Tanger, partenaire contractuelle d’Arma, bien que présente lors de certaines sessions de médiation, reste en retrait, ce qui soulève des questions sur la coordination entre les différents acteurs et sur l’efficacité du système de gestion déléguée dans son volet social.
À Tanger, le dossier Arma devient ainsi le symbole d’un déséquilibre croissant entre les intérêts privés et les droits des travailleurs, dans un secteur vital où la propreté de la ville se retrouve otage d’un dialogue social brisé.

