Tanger – Après la tragédie survenue dans une crèche du quartier Bir Chifa à Tanger, où un nourrisson a trouvé la mort dans un établissement pourtant agréé, l’Association « Tifli » estime que ce drame « n’est ni un accident isolé ni une faute individuelle », mais bien « le reflet d’un échec systémique dans la protection de la petite enfance au Maroc ».
Selon les premiers éléments, l’incident, survenu à la suite d’une chute violente, a eu une issue fatale. Les caméras de surveillance ont montré qu’une fillette de huit ans a fait tomber le nourrisson à plusieurs reprises, de manière brutale et choquante,, alors qu’elle tentait de le porter, en l’absence de toute surveillance des employées ou des éducatrices de la crèche.
Le président de l’association, Ismail Lachiri, a souligné que « cette tragédie met à nu la réalité silencieuse de centaines de crèches opérant sans contrôle effectif », précisant que « le simple agrément administratif ne suffit plus en l’absence de formation obligatoire pour les éducatrices et de visites d’inspection régulières ».
Il a ajouté que « la garde d’enfants est une responsabilité éducative et non un simple service domestique », appelant à une réforme profonde du système de la petite enfance afin de revaloriser la profession et d’en garantir la qualification.
Les enquêtes en cours indiquent que la crèche concernée était légalement autorisée, mais fonctionnait dans des conditions inadaptées, ce qui a conduit les autorités à interpeller la propriétaire et la surveillante pour les besoins de l’enquête.
Ce drame relance le débat sur le manque de coordination entre les ministères de l’Éducation nationale et de la Solidarité dans la gestion du secteur de la petite enfance, où le contrôle sur le terrain reste limité et la formation du personnel quasi inexistante.
« Ce n’est pas seulement une tragédie, c’est un signal d’alarme », conclut Ismail Lachiri. « Un avertissement adressé à un système qui continue de traiter la petite enfance comme un dossier social secondaire, alors qu’elle constitue le socle de la confiance entre l’État et la société. »

