Le débat autour du régime alimentaire dit « Al-Tayyibat », popularisé par le médecin égyptien Diaa Al-Awady, décédé récemment à Dubaï, continue de susciter de nombreuses réactions en Égypte et dans plusieurs pays arabes.
Connu pour ses interventions sur les réseaux sociaux, Diaa Al-Awady avait défendu une approche nutritionnelle fondée sur la distinction entre aliments considérés comme bénéfiques et d’autres présentés comme nocifs. Ce régime, suivi par de nombreux internautes, a également été critiqué par des professionnels de santé en raison de certaines recommandations jugées contraires aux protocoles médicaux établis.
La controverse s’est accentuée après la diffusion massive de vidéos et de contenus liés à ce régime sur les plateformes numériques. En Égypte, le Conseil supérieur de régulation des médias a annoncé l’interdiction de la diffusion des contenus du médecin sur les médias et les réseaux sociaux, à la suite de correspondances du ministère de la Santé et du Syndicat des médecins, qui ont estimé que ces contenus pouvaient présenter un risque pour la santé publique.
Selon des médias égyptiens, les autorités sanitaires avaient déjà pris des mesures à l’encontre de Diaa Al-Awady, notamment après des accusations de diffusion d’informations médicales trompeuses. Le ministère égyptien de la Santé avait notamment évoqué des recommandations concernant des patients atteints de maladies chroniques, dont le diabète, susceptibles de les exposer à des risques sanitaires en cas d’arrêt ou de modification de leur traitement sans suivi médical.
Le décès du médecin à Dubaï a, de son côté, alimenté de nombreuses spéculations sur les réseaux sociaux. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a indiqué, citant les autorités médicales émiraties, que le décès était dû à une crise cardiaque soudaine, sans élément faisant état d’une suspicion criminelle.
Cette affaire relance plus largement le débat sur la place des conseils médicaux diffusés en ligne, particulièrement lorsqu’ils concernent des maladies chroniques ou des traitements prescrits. Plusieurs professionnels de santé rappellent que les régimes alimentaires peuvent accompagner une prise en charge médicale, mais ne doivent pas se substituer à un traitement sans avis d’un médecin.
Au-delà du cas de Diaa Al-Awady, la polémique met en lumière l’influence croissante des réseaux sociaux dans le domaine de la santé, où les contenus à forte visibilité peuvent rapidement toucher un large public. Elle souligne également l’importance de distinguer les conseils de bien-être général des recommandations médicales encadrées par des preuves scientifiques et un suivi spécialisé.

