Le vapotage connaît une expansion notable chez les jeunes, devenant une pratique de plus en plus visible dans les milieux scolaires et universitaires. Souvent perçue comme une alternative moins nocive au tabac classique, la cigarette électronique séduit particulièrement les adolescents, attirés par la diversité des arômes : fruits, bonbons ou menthol , ainsi que par une image modernisée largement relayée sur les réseaux sociaux.
Cette banalisation s’inscrit dans un contexte où les contenus numériques jouent un rôle déterminant. Vidéos promotionnelles, influenceurs et démonstrations en ligne contribuent à façonner une perception édulcorée du vapotage, rarement associée aux risques potentiels pour la santé, notamment en matière de dépendance à la nicotine.
Plusieurs spécialistes alertent sur une entrée précoce dans la consommation de nicotine, susceptible d’avoir des effets sur le développement cérébral des adolescents. À cela s’ajoute la difficulté de contrôler la composition des liquides, en particulier sur les marchés informels, où circulent des produits dont la traçabilité reste limitée.
Face à ce phénomène, la question de l’encadrement réglementaire se pose avec acuité. À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà adopté des mesures restrictives, allant de l’interdiction des arômes attractifs pour les jeunes à la limitation de la publicité, en passant par le relèvement de l’âge légal d’achat et le renforcement du contrôle des ventes en ligne.
Au Maroc, le cadre juridique relatif au vapotage demeure encore peu structuré, bien que certaines dispositions encadrent déjà les produits du tabac et assimilés. Des voix s’élèvent pour appeler à une adaptation de la réglementation, afin de mieux prendre en compte les spécificités des cigarettes électroniques, notamment leur accessibilité aux mineurs et leur promotion indirecte via les plateformes numériques.
Plusieurs pistes de régulation sont avancées, notamment le renforcement du contrôle des circuits de distribution, la mise en place de campagnes de sensibilisation ciblant les adolescents et leurs familles, ainsi que l’interdiction de la vente de ces produits aux mineurs.
Dans ce contexte, l’instauration d’une interdiction stricte de la vente et de l’usage des cigarettes électroniques aux mineurs apparaît comme une mesure prioritaire. Plusieurs pays ont déjà franchi ce cap en renforçant les contrôles sur l’âge d’achat, en limitant l’accès aux produits et en sanctionnant les points de vente en infraction. Au Maroc, une telle orientation pourrait constituer un premier levier concret pour arrêter la progression du vapotage chez les adolescents, à condition de s’accompagner de mécanismes de contrôle effectifs et de campagnes de sensibilisation adaptées.

